(…) Jacqueline avait loué une chambre dans l’un de ces groupes d’immeubles du boulevard Kellermann, construits avant la guerre sur l’emplacement des fortifications. Grâce à de fausses cartes d’étudiants, nous pouvions prendre nos repas - pour 5 francs - au restaurant de la Cité universitaire: il occupait le grand hall lambrissé d’un bâtiment qui évoquait les hôtels de Saint-Moritz ou de Cimiez.
Il nous est souvent arrivé de rester des journées et des nuits sur les pelouses ou dans les halls des différents pavillons. Il y avait même un cinéma et une salle de théâtre à l’intérieur de la Cité.
Un endroit de villégiature, ou l’une de ces concessions internationales comme il en existait à Shanghai. Cette zone neutre, à la lisière de Paris, assurait à ses résidents l’immunité diplomatique. Quand nous en franchissions la frontière - avec nos fausses cartes d’identité -, nous étions à l’abri de tout (…).